«Les techniques du Butokukai», Karaté-Bushido, Jean-Paul Maillet
Ju-Jitsu: le retour aux sources, Karaté-Bushido, Pierre-Yves Bénoliel
Nihon Butokukai Ju Jitsu, Samurai, Claudio Regoli
Maître Stefano Surace, Comme un Journal, publication de l’Université Paris VI
Morceaux choisis...





Les techniques du Butokukai, Karaté-Bushido, Jean-Paul Maillet


Autrefois le père de Stefano Surace fut initié, par deux maîtres japonais, aux techniques secrètes de ju jitsu de l’école Butokukai. Aujourd’hui maître Surace les enseigne à Paris.

Au coeur de Paris, au 23 rue Jean Goujon - Paris 8e - tout près des Champs Elysées, se trouve une jolie église de noble origine, classée monument historique. Elle appartient au patriciat parisien et a été confiée depuis longtemps aux pères missionnaires catholiques italiens. En 1988, l’historien des arts martiaux de notre magazine, Sylvain Salvini, y fit une découverte étonnante: dans la crypte de cette église, un «maître de l’ombre» s’entraînait avec une poignée de disciples, pas plus d’une dizaine, à une forme de ju-jitsu dont cet historien perçut tout de suite le très haut niveau. Ce ju-jitsu était d’une efficacité foudroyante, et en même temps non violente. Il n’y avait pas de tatami: tout le monde chutait sur le sol de marbre de la crypte, apparemment sans problème. Aux questions de Sylvain Salvini, ce maître de l’ombre répondit qu’il avait appris ces techniques dès l’âge de 10 ans par son père, lui-même disciple de deux grands maîtres japonais. A la suite de circonstances très particulières, ces grands maîtres avaient confié à son père les secrets de cet art, avec le serment de ne l’enseigner à personne sauf, selon la tradition, à son fils aîné. Ces maîtres faisaient partie d’une académie directement dépendante de l’Empereur: le Butokukai, la plus importante institution d’arts martiaux ayant jamais existé. Elle comptait dans les années 30, plus de trois millions d’adhérents, et réunissait dans son organisme le plus élevé, le Busen - sis à Kyoto, l’ancienne capitale du Japon - les grands maîtres des plus célèbres écoles d’arts martiaux japonais authentiques de l’époque. Le mot Butokukai se traduit d’habitude par «Ecole de l’esprit guerrier», sa traduction plus correcte, sur la base de ses idéogrammes, étant au contraire significativement «Ecole de l’art d’arrêter la lance» ou plus pragmatiquement, «de l’art de défendre la paix». Parmi ces grands maîtres, ceux du ju jitsu avaient mis au point, sur ordre de l’Empereur, une méthode dite «suprême», formée des techniques les plus efficaces des 11 écoles de ju-jitsu les plus prestigieuses alors existantes: Yoshin ryu, Shiten ryu, Kiushin ryu, Miura ryu, Takeuchi ryu, Fusen ryu, Kodokan, Sekiguchi ryu, Sosui shitsu ryu et, d’une façon plus discrète, Daito ryu et Kito ryu. Cette méthode était réservée à un petit nombre d’adeptes, en général de très haut niveau social.

L’héritier - A la fin de la deuxième guerre mondiale, à la suite de la suppression forcée du Butokukai, les grands maîtres survivants réagirent en prenant la décision de ne plus enseigner leurs arts, et engagèrent dans ce serment ceux de leurs disciples encore présents. Par conséquent, les disciplines martiales japonaises authentiques de haut niveau, y compris ce ju-jitsu, ont rapidement disparu. En vain plusieurs maîtres des générations suivantes, japonais et occidentaux, avaient cherché à remonter au ju-jitsu en partant du judo, de l’aïkido et du karaté. Noble effort, qui pourtant ne pouvait aboutir qu’à des résultats décevants malgré la valeur de certains de ces maîtres. En fait, les principes secrets de ce ju jitsu étaient bien différents de ceux des méthodes «dérivées». L’aboutissement de ces efforts fut donc des disciplines auxquelles on donna, optimistement, le nom de ju-jitsu, bien qu’elles eussent peu à voir avec celui-ci. Enfin, à la suite d’une série de circonstances exceptionnelles, seul détenteur des secrets de cet art, et d’autres arts martiaux japonais authentiques de haut niveau, resta le père de ce maître de l’ombre, qui les transmit ensuite à son fils en l’engageant, à son tour, à ne pas les enseigner de son vivant. Ce n’est donc qu’après la mort de son père, que l’héritier se décida à enseigner à très peu de disciples, de façon très confidentielle, pour empêcher la disparition de cet art dit «suprême». Ce maître de l’ombre, qui entraînait sa poigné de disciples dans la crypte de cette jolie église parisienne, avait évidemment un nom. Il s’appelait Stefano Surace, il était né en Italie, et plus précisément en Sicile. C’était un journaliste, un écrivain et un homme hors du commun.

Sans peur et sans reproche - Le fait d’avoir été formé dès son enfance aux arts martiaux authentiques (et donc au «Bushido», l’éthique des Bushi, les samouraï nobles, la caste la plus élevée du Japon traditionnel) avait marqué profondément sa personnalité. En introduisant l’esprit Bushi dans sa profession, il considérait le journalisme comme un moyen de se battre contre tout abus. Il privilégiait donc les enquêtes à risques, en commençant juste là où ses collègues «jetaient l’éponge». Cela lui permit des «scoops» retentissants, qui entraînèrent bien des changements et des réformes en Italie, notamment en ce qui concerne les Droits de l’Homme, la transparence politique, la justice, les abus psychiatriques, les prisons, la police, les problèmes sociaux. Cela fit beaucoup parler de lui, et le plaça au centre de polémiques acharnées et de procès bruyants pour des affaires de presse qui firent plusieurs fois le tour du monde. Il n’était pas rare qu’on en discute officiellement, même au Parlement italien. Tout cela l’avait gratifié d’une carrière foudroyante: il fut d’abord envoyé spécial et ensuite directeur de plusieurs hebdomadaires italiens à large diffusion tel «ABC», célèbre dans les années 60 et début 70 pour ses «scoops» retentissants, et «AZ» dont il était directeur. L’hebdomadaire «Cronaca» tint à souligner «son courage, son incroyable sang froid, sa droiture morale, sa foi dans la fonction du journalisme, et sa charge irrésistible de sympathie de journaliste et d’homme sans peur». Dans son activité de journaliste spécialisé dans les enquêtes à risques, ses techniques de ju-jitsu lui permirent de se tirer d’affaires maintes et maintes fois et de sauver sa vie. En 1975 par exemple, pendant une enquête sur les conditions de détention scandaleuses dans les prisons italiennes, il fut agressé par un commando d’hommes armés de couteaux et de matraques. Il en désarma trois et tint les autres à distance, s’en tirant avec quelques coupures superficielles. Les prisonniers, témoins de cette agression contre un journaliste qui venait prendre leur défense, déclenchèrent immédiatement un mouvement de protestation en sa faveur. Des dizaines d’anecdotes de ce style jalonnent la carrière et la vie personnelle de Stefano Surace. Véritable justicier, il fut surnommé «le corsaire du scandale», «le pirate de la plume», qualifié d'«as légendaire du journalisme», etc... Sa vie pourrait faire l’objet d’un roman.

La valeur sociale - Le ju-jitsu Butokukai, dont maître Surace est resté le dernier et seul détenteur au monde, est le résultat d’un effort millénaire, de la part de l’humanité, visant à préserver les êtres humains de toute atteinte à leur vie, et donc à la fois des agressions extérieures (attaques physiques meurtrières avec ou sans arme) et intérieures (blocages psychologiques qui sont à l’origine de la plupart des maladies physiques et psychiques et des comportements plus ou moins violents et asociaux). En pratiquant cet art martial «suprême» on n’apprend pas seulement, en peu de temps, à se défendre des agressions physiques avec une efficacité étonnante, mais on libère aussi, petit à petit, des blocages intérieurs et de leurs conséquences. La personnalité authentique se libère dans toute sa lucidité et sa rationalité, la résistance aux maladies s’accroît, la jeunesse et la vie se prolongent... Dans cette optique, on considère l’agresseur, même le plus dangereux, comme agissant sous l’emprise astreignante de ses blocages, dont il est lui-même la victime. Il n’est donc pas quelqu’un à détruire, mais à neutraliser seulement et si possible à transformer en ami. C’est pourquoi cet art martial est fondamentalement non violent. Ce ju-jitsu est donc lié à une philosophie de haute valeur éthique et pratique. On peut le considérer comme une méthode très efficace pour prévenir la plupart des maladies du corps et de l’esprit, pour prolonger la jeunesse et la vie, pour améliorer les rapports sociaux. Maître Stefano Surace a commencé à faire sortir cette discipline de l’ombre pour la première fois dans l’histoire, afin qu’elle ne disparaisse pas, puisqu’il s’agit d’un patrimoine sans prix, appartenant non seulement au Japon mais à toute l’humanité, et qui plonge ses racines dans les cultures chinoise, indienne et auparavant, gréco-égyptienne (voir à ce sujet le célèbre pancrace, la discipline la plus prestigieuse des Jeux Olympiques antiques). Maître Surace l’a fait renaître de ses cendres à Paris et a fondé, outre le ju-jitsu Butokukai Club de France, une fédération (la FFJJBA: Fédération Française de Ju-Jitsu Butokukai et Disciplines Assimilées) et le Butokukai Institute Europe. Le but de ces organismes, indiqué dans leurs statuts, est de «favoriser la formation psychophysique, éthique et culturelle de la personne humaine à travers la pratique des arts martiaux authentiques, occidentaux et orientaux, et notamment ceux issus de l’ancien Butokukai (Busen) de Kyoto; en privilégiant l’équilibre intérieur, la connaissance et la maîtrise de soi, la non violence et, en général, l’épanouissement de la personnalité». Pour souligner cela, Maître Surace, tout en acceptant la charge de président de ces organismes, appela comme président d’honneur M. Angelo Zambon, expert international reconnu et apprécié pour son travail sur les problèmes sociaux.

Principes techniques - Dans cet art, on n’utilise pas la force physique mais les forces naturelles: l’inertie et la gravité, les siennes propres et celles de l’adversaire, en les combinant de façon rationnelle. De cette façon, il peut être appliqué efficacement à des adversaires beaucoup plus forts. Il y a aussi utilisation rationnelle, à la fois de la force musculaire de l’adversaire et de ses points faibles et sensibles, ainsi que la mobilisation opportune de sa propre énergie interne, concentrée dans le «hara» (point du corps près du centre de gravité). L’essentiel de l’efficacité est donné par des mouvements exécutés avant d’appliquer une technique: les tai sabaki polyvalents. Leur caractéristique commune est que chacun d’eux permet de faire face à n’importe quel type d’attaque à mains nues, et à beaucoup d’attaques à l’arme blanche, et même à l’arme à feu, à distance rapprochée. On choisit l’un de ces tai sabaki avant même que l’adversaire déclenche son attaque. Ce sont des mouvements qui donnent une grande efficacité à la défense. Les techniques ne sont qu’un complément dont on peut parfois même se passer. La connaissance de ces mouvements avait été jusqu’ici réservée exclusivement à certains maîtres de très haut niveau (9e ou 10e dan) et soumise au secret le plus strict. Personne d’autre n’en soupçonnait même l’existence. Maître Surace a estimé nécessaire d’en révéler quelques uns, sans lesquels l’efficacité reste limitée. C’est l’un des grands apports de maître Surace à la connaissance réelle des arts martiaux authentiques. Les techniques du ju-jitsu Butokukai peuvent être pratiquées sur le terrain sans échauffement préalable: on n’a pas évidemment le temps de s’échauffer en cas d’agression inattendue.

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Ju-Jitsu: le retour aux sources, Karaté-Bushido, Pierre-Yves Bénoliel

 

Dans les années 30, le père de Stefano Surace a appris auprès de 2 experts japonais une méthode ancienne de Ju-Jitsu. Aujourd’hui son fils enseigne à Paris.

 

Agé de 55 ans, Stefano Surace est Italien. Correspondant à Paris d’une agence de presse romaine, il vit en France depuis 7 ans. Mais si nous vous le présentons aujourd’hui, ce n’est pas pour ses talents de journaliste. En effet, Stefano Surace enseigne une méthode de ju-jitsu ancien d’une remarquable efficacité. Convaincu après avoir assisté à un cours, Sylvain Salvini nous l’a fait connaître. A votre tour aujourd’hui de découvrir ce passionnant maître sicilien.

Karate-Bushido : Monsieur Surace, votre cas est assez exceptionnel. Pourriez-vous nous l’expliquer brièvement.

Stefano Surace : Je suis Italien, et j’ai commencé à pratiquer le ju-jitsu avec mon père, en 1943, à l’âge de 10 ans. Mon père était l’un des dirigeants des mouvements de jeunesse mis sur pied par Mussolini. Il avait été chargé de diffuser le ju-jitsu dans la jeunesse vers les années 30. A cette fin, il enseignait à l’Académie d’Education Physique de Rome et était en contact avec 2 experts japonais, les maîtres Ishiguro, 7e dan, et Matakatzu, 3e dan. Ces experts venaient du Butokukai de Kyoto. Malheureusement, la guerre a interrompu ce programme. A la fin de la guerre, les experts du Butokukai ont été persécutés. Mon père les a aidés, et pour le remercier ils lui ont enseigné des techniques jusqu’alors secrètes, avec obligation de ne pas les divulguer. Mon père m’a transmis ces techniques (j’étais son fils aîné), mais il ne les a jamais enseignées à d’autres. Il s’agissait de la méthode de ju-jitsu mise au point par les experts du Butokukai. S’il me les a enseignées, c’est pour que je puisse me défendre. Je suis né en Sicile en 1933. Avec la guerre, ma famille a dû partir dans le Nord de l’ltalie. A cause de mon accent, à l’école, je devais sans cesse me battre contre des garçons plus âgés que moi. Voyant cela, mon père, au cours d’une permission, a décidé de m’apprendre le ju-jitsu. Pendant quinze jours, je me suis entraîné 4 heures le matin et 4 heures l’après-midi. Ce n’était pas par hasard: au Butokukai, on s’entraînait 8 heures par jour (contre 3 heures pour le Kodokan, le dojo de judo du maître Jigoro Kano). Ainsi, en deux semaines, mon père m’apprit l’essentiel de sa méthode. Lorsque je suis retourné à l’école, j’ai fait des ravages! A cette époque, avec la guerre, les enfants étaient un peu abandonnés à eux mêmes. Nous formions des bandes, et les bagarres étaient fréquentes. Durant cette période, j’ai pu constater l’efficacité absolue de cette méthode de ju-jitsu. Plus tard, j’ai eu l’occasion de m’entraîner avec maître Otani, à Naples. Quand il a vu ma technique, il m’a demandé où je l’avais apprise. Je lui ai raconté mon histoire, et il a simplement répondu: «Cela regarde l’Empereur!». Le Butokukai de Kyoto dépendait directement de l’Empereur. Dans mon métier de journaliste, il m’est arrivé plusieurs fois de me tirer d’affaire grâce à ces techniques.

K.B. : A votre avis, quelle est la différence entre ce ju-jitsu ancien et ce qu’on enseigne en général?

S.S. : Les Japonais ont enseigné les techniques les moins évoluées. Il y a des ressemblances, bien sûr, mais certains détails font toute la différence.

K.B. : Par exemple?

S.S. : On dit toujours: le ju-jitsu est basé sur le principe qui consiste à utiliser la force de l’adversaire. C’est faux. On utilise l’inertie de l’adversaire, et aussi sa propre inertie. L’inertie, c’est la tendance à continuer un mouvement qu’on a démarré. Pendant un instant, on est prisonnier de cela. De plus, dans notre méthode, on additionne sa propre inertie à celle de l’agresseur, un peu comme deux balles de billard: la première frappe, s’arrête, et transmet son inertie à la seconde. Dans notre cas, on tire l’agresseur au lieu de le pousser, mais le principe est le même. De cette façon, une jeune fille peut projeter un solide gaillard. Il y a utilisation de la gravité, c’est-à-dire du poids additionné de l’agressé et de l’agresseur. C’est le principe même du sutémi (mouvement sacrifice, type planchette japonaise). C’est un peu ce que disait maître Ueshiba: dans l’aïkido, on utilise les mêmes forces que celles qui meuvent les astres. La Lune, par inertie, tend à aller droit. La gravité de la Terre l’attire et la fait tourner. Cela dit, notre méthode diffère de l’aïkido. En aïkido, on utilise l’inertie de l’autre et sa propre inertie, mais pas en l’additionnant: on cherche à aller contre l’inertie de l’adversaire. Tout est basé sur l’entrée (irimi). Or, pour nous, entrer, c’est s’exposer. Nous utilisons ces techniques seulement face à un adversaire armé (sabre, bâton...), car là, on ne peut plus reculer. En fait, I’aïkido provient d’une partie du ju-jitsu ancien, celle qui concerne le combat à mains nues contre sabre. Celui qui est désarmé ne peut pas se contenter d’esquiver: il doit rentrer.

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Nihon Butokukai Ju Jitsu, Samurai, Claudio Regoli

 

Rencontre avec Stefano Surace. Vient d’Italie mais vit en France le dernier maître de la «méthode suprême».

 

J’avais lu et entendu parler depuis longtemps de ce «maître de l’ombre» qui dans le souterrain d’une église des hauts quartiers de Paris enseignait du ju-jitsu à un petit nombre d’élèves. Le premier à en parler avait été Salvini, un historien connu des arts martiaux qui l’avait «découvert» le premier et fait connaître au public. Ce à quoi je ne m’attendais pas, en le rencontrant dans un des plus élégants locaux de Paris, où très gentiment il m’avait donné rendez-vous, c’était qu’il s’agissait précisement de «ce» Surace, journaliste célèbre du genre qu’aux Etats-Unis on appelle «investigating reporter», auteur d’enquêtes qui firent du bruit et qui lui attirèrent des attaques physiques dont il avait toujours su se tirer d’affaire. L’histoire que maître Surace m’a racontée est fascinante. Elle débute avec son père fonctionnaire de la Gil (soit Jeunesse italienne du lictor) à cette époque où tous les Italiens, enfants et adolescents (et même les autres) étaient encadrés dans des organisations d’Etat. L’un des projets sur lesquels Surace senior devait travailler était d’enseigner le ju-jitsu aux instructeurs de gymnastique qui à leur tour devaient l’enseigner aux jeunes gens. Il s’agissait d’un projet extrêmement secret, et dans ce but le gouvernement japonais avait envoyé deux experts, Ishiguro et Matakatsu, avec la tâche d’enseigner au père du monsieur qui se trouvait en face de moi. Malheureusement ce projet avait été interrompu par la guerre, et Surace senior avait dû partir au front dès qu’il avait achevé sa préparation. La collaboration avec l’un des deux Japonais n’était pourtant pas terminée, et tout de suite après la guerre avait continué pendant des années, avec le Japonais qui n’avait pas envie de rentrer dans un Japon battu, invité des Surace en Italie. La méthode enseignée tirait directement son nom de la superpuissante organisation impériale pour les arts martiaux, qui à l’époque Meiji et ensuite Showa regroupait toutes les plus importantes écoles martiales japonaises; il s’agissait d’une méthode mise au point par les grands experts de plusieurs styles de ju-jitsu, à savoir les écoles Yoshin, Shiten, Kyushin, Miura, Takeuchi, Fusen, Kodokan, Sekiguchi, Sosui Shito et, dans une mesure plus limitée, Daito et Kito. Ce système, peu connu même au Japon, part d’une approche différente de celle habituelle, puisqu’il n’enseigne pas tout simplement des techniques, mais aussi les principes dont ces techniques découlent; le résultat est une efficacité extrême même si les techniques n’ont pas l’aspect élégant de celles d’autres styles. Une autre conséquence est que l’apprentissage devient beaucoup plus rapide, si bien que n’importe qui est en mesure de se défendre après quelques mois d’enseignement, grâce à une version peut-être un peu grossière mais efficace de cette méthode. A ce que m’a dit maître Surace, ce système n’est plus en usage, car les experts japonais décidèrent de suspendre son enseignement après la fermeture forcée du Butokukai de la part des Américains. Certaines choses en ont été changées, par exemple la tenue d’entraînement, qui aujourd’hui se rapproche de celle normalement en usage dans les différents arts martiaux japonais, avec maître Surace qui parfois porte le pantalon noir des vieux pratiquants de ju-jitsu. Tandis que dans les années trente on pratiquait ce style en costumes occidentaux, selon l’usage de l’époque et pour souligner qu’il s’agissait d’une méthode «moderne», même si provenant de la tradition la plus pure. D’autres choses sont restées inchangées: par exemple la pratique a lieu, même à présent, sur un sol dur pour un plus grand réalisme, et les chutes sont absorbées en frappant le sol avec une partie précise de la main. En venant à l’histoire présente, c’est Surace père qui, avant de mourir, estimant que les temps avaient changés et étaient peut-être plus mûrs, exhorta son fils à rendre public cet art jusque là pratiqué secrètement: secret qui toutefois n’a pas été révélé tout à fait, puisque certaines techniques sont toujours gardées comme un secret par l’actuel chef d’école (Surace fils), qui peut-être les révélera un jour à ses élèves les plus avancés. A la base de l’apprentissage du Dai Nihon Butokukai Ju-Jitsu il y a les «déplacements polyvalents», qui permettent aux pratiquants de se mettre à l’abri de n’importe quelle attaque, entrer dans la garde de l’adversaire et utiliser l’inertie de celui-ci. Ce système passif est intégré, si nécessaire, par ce qu’on appelle, avec un euphémisme intelligent, «défense préventive». Contre mes habitudes, un banal inconvénient m’a empêché de me rendre compte personnellement de ce système. De ce qui précède pourtant on comprend que ce type d’entraînement est extrêmement réaliste, avec des combats libres qui ressemblent aux «randori» de Judo, où les combattants essaient d’avoir le dessus par des attaques et des défenses extrêmement réelles. En cas de difficultés, les pratiquants exécutent des sutemi grâce auxquels ils projettent ou traînent au sol l’adversaire pour aussitôt l’achever: ce qui impressionne dans ces techniques est leur gradualité, qui permet de neutraliser tout simplement l’adversaire ou bien de doser la riposte par rapport à la violence de l’attaque. Le combat se poursuit aussi au sol, selon un principe omniprésent dans les styles japonais: tandis que l’action d’attaque préférée semble être une combinaison d’attaque de pied et de main renversée (ura mawashi ) avec rotation sagittale du corps. Les cours sont fréquentés à la fois par des débutants et des experts d’autres arts martiaux, par exemple le tai chi, qui trouvent dans cette pratique un complément intéressant qui les aides même à comprendre des points particuliers de leur discipline. Pendant ses explications maître Surace, tout en étant très simple et direct, fait des allusions qui démontrent une connaissance à la fois subtile et profonde du panorama martial tout entier, traditionnel ou non, comme il convient à l’épigone d’un style qui se veut voué avant tout à l’efficacité. L’école du ju-jitsu Butokukai a désormais bougé du souterrain de l’église et est en train de se répandre dans toute la France, notamment dans les Universités, grâce aussi à des assistants très valables de maître Surace, tels Nicourt et Grillot, vainqueurs ex-equo de la coupe du monde de ju-jitsu 1994 pour les combats. Le prochain pas sera l’Europe et peut-être nous pourrons voir bientôt le ju-jitsu Butokukai dans notre pays, où il a fait ses premiers pas il y a pas mal d’années.

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Maître Stefano Surace, Comme un Journal, publication de l’Université Paris VI

 

Italien et plus précisément Sicilien, 10e dan Menkyo Kaiden, président de la Fédération Française de Ju-jitsu Butokukai et disciplines assimilées FFJJBA et du World Butokukai Institute.

 

Comme un Journal- En quelques mots peux-tu nous présenter le Ju Jitsu Butokukai?

Me Surace- C’est un peu difficile de présenter en peu de mots le Ju-Jitsu Butokukai. C’est une méthode mise au point par les plus grands experts de Ju-Jitsu japonais qui étaient réunis dans le conservatoire impérial des Arts Martiaux, le Butokukai. Ces grands maîtres ont mis au point cette méthode à partir des techniques les plus efficaces de leurs écoles. Mais une fois mise au point on ne l’a pas divulguée, on l’a réservée à une élite très restreinte.

CUJ- Historiquement quelles sont les origines du Ju-Jitsu?

Me Surace- Oh, la la ! Selon les données les plus sérieuses on doit penser que l’origine du Ju-Jitsu est en Grèce. Les Grecs avaient une institution qui s’appelait Jeux Olympiques. Tous les 4 ans ils faisaient des compétitions de type martial (javelot, poids, course de char, disque...). La discipline la plus prestigieuse était le Pancrace, c’est-à-dire un combat à mains nues où tout était permis. Le vainqueur de cette épreuve étant considéré comme l’homme le plus fort et le plus sage du monde, chaque ville tenait à prendre ce titre et développait des écoles très poussées pour perfectionner la technique. Et comme les Jeux Olympiques antiques grecs ont duré un millénaire, imagine le stade d’évolution qu’a pu atteindre le Pancrace! Pendant la dernière période la rivalité entre les trois villes les plus importantes de la Grèce (Athènes, Sparte et Thèbes) et de la grande Grèce (Syracuse notamment) a éclaté. A la fin les Spartiates ont gagné grâce aussi aux Syracusains qui avaient détruit totalement la puissante flotte athénienne; mais comme ils n’étaient pas en mesure d’administrer, la tuerie a recommencé. Alors le philosophe Aristote, qui était l’instituteur du fils de Philippe de Macédoine, a convaincu les chefs grecs d’accepter celui-ci comme roi pour arrêter de se détruire. Après lui son fils Alexandre le Grand est devenu roi. En un rien de temps, grâce à ses redoutables guerriers grecs, il a conquis la Perse, une partie de l’Inde, le Moyen-Orient et l’Egypte. A sa mort prématurée, cet empire a été partagé entre ses quatre généraux. Le général qui a eu l’Inde y est resté avec ses troupes et ils y ont répandu leur art du Pancrace. Cela s’est déroulé plusieurs siècles avant la fameuse légende de Shaolin selon laquelle les arts martiaux ont été apportés en Chine depuis l’Inde. Eh oui, c’est pas par hasard. Les arts martiaux sont venus de l’Inde parce qu’ils avaient été apportés par les guerriers grecs. Evidemment des techniques locales ont pu s’y intégrer, mais sans beaucoup de poids étant, en général, assez élémentaires et primitives par rapport à un art si perfectionné. Ensuite tout cela est passé de la Chine au Japon. Quant à l’Occident, sous l’empire romain cet acquis est passé aux écoles de gladiateurs, mais lorsque celles-ci ont été interdites, ce savoir a disparu, d’autant qu’a prévalu l’usage des armes. Seules sont restées des traces transmises de père en fils chez certains peuples, chez les bergers de Sardaigne, les brigands de la Calabre... Alors, diffuser le Ju-Jitsu en Europe ce n’est rien d’autre que retrouver le Pancrace. Ce sont les mêmes techniques. Notre garde, on la retrouve sur les vases grecs.

CUJ- Dans quelle mesure le Ju-Jitsu Butokukai se distingue-t-il des autres arts martiaux?

Me Surace- Pour la plupart, les autres arts martiaux connus actuellement ne sont pas authentiques. Je suis catégorique. Ils n’auraient même pas le droit de s’appeler ainsi. Parce que les arts martiaux authentiques, surtout ceux de haut niveau, ont pratiquement disparu. Il est resté par exemple le Ju-Jitsu qui était utilisé dans les polices du monde entier car il était déjà répandu. Mais c’était un Ju Jitsu de bas ou de moyen niveau. Il faut être déjà costaud pour qu’il te permette d’avoir des atouts. Tandis que le Ju-Jitsu que nous faisons est de haut niveau. C’est-à-dire qu’il permet aux faibles de battre les forts, à une personne âgée de battre un jeune, facilement. Ce type d’art martial avait disparu. En Chine avec la prise de pouvoir de Mao Tsétoung les maîtres d’arts martiaux ont été persécutés car ils étaient considérés comme des représentants d’une culture traditionnelle qui devait être éliminée pour être remplacée par la culture «populaire». Lorsque le nouveau régime s’est rendu compte de l’erreur, il était trop tard. Quant à nous par toute une série de circonstances ce savoir a pu m’être transmis. Mon père était élève de deux maîtres japonais sur la base d’un accord entre les gouvernements italien et japonais. Le gouvernement italien a envoyé des savants au Japon et en échange celui-ci a envoyé des maîtres d’arts martiaux, tout ça dans le secret le plus strict. Au moment où mon père a terminé sa préparation la seconde guerre mondiale a éclaté, et le projet a dû être suspendu. Mon père a été affecté au front de Yougoslavie où une guérilla sans pitié se déroulait, et où un expert de Ju-Jitsu pouvait être fort utile. A la fin de la guerre, après le lancement des bombes atomiques, l’Empereur du Japon, pour éviter la destruction de son peuple a donné l’ordre, pour la première fois dans l’histoire du Japon, d’accepter la reddition. Les maîtres du Butokukai ont refusé parce qu’à la base de cette école il y avait l’éthique des samouraï, même si cette caste avait été officiellement abolie depuis cent ans. Alors ce refus, qui pouvait être honorable en soi, devenait dans ce cas un refus d’obéir à un ordre de l’Empereur ce qui est passible de la peine de mort. Refuser un ordre de l’Empereur c’était aussi mourir. Alors la plupart se sont tués. D’autres qui connaissaient directement ou indirectement mon père ont été cachés par lui en Italie, pendant deux ans. A la fin les choses se sont calmées et ils sont revenus au Japon mais ont refusé d’enseigner cet art. Mon père s’était engagé à enseigner son savoir seulement à son fils aîné, parce que ses maîtres avaient pensé qu’après une génération on pouvait le rediffuser. A son tour mon père m’a engagé à ne pas l’enseigner tant qu’il était vivant car c’était comme s’il l’enseignait lui, c’était ne pas respecter son engagement, engagement qui avait été respecté même par les autres élèves survivants.

CUJ- Existe-t-il encore aujourd’hui des maîtres de Ju-Jitsu Butokukai au Japon?

Me Surace- Non, ils sont morts. Les futurs maîtres de Ju Jitsu Butokukai seront issus de notre organisation. Au Japon on ne peut même pas utiliser le mot Butokukai. Les maîtres du Butokukai ayant refusé de se rendre, les Américains ont fait un article spécifique du traité de paix interdisant l’utilisation du mot.

CUJ- Sur quels grands principes est basé le Ju-Jitsu Butokukai?

Me Surace- Le Ju-Jitsu est basé sur la rationalité la plus absolue. C’est vraiment le maximum d’utilisation des forces en jeu. On part du principe que l’adversaire est beaucoup plus fort, alors il faut utiliser des forces naturelles, notamment l’inertie et la gravité. Ce fait était exprimé par les vieux maîtres qui disaient: «Dans le Ju-Jitsu on utilise les forces qui meuvent les astres». Ils n’avaient pas les concepts rigoureusement définis de la physique occidentale alors ils le disaient d’une façon intuitive. C’était une autre façon d’expliquer les mêmes choses. Les astres sont mus par l’inertie et la gravité. La lune tendrait à bouger selon un mouvement rectiligne uniforme. C’est le principe de l’inertie qui a été codifié par Galilée. Alors la lune irait comme ça mais il y a la Terre qui l’attire par sa gravité alors elle tourne comme ça (NDLR: Stefano mime avec ses bras le mouvement des planètes). Ensuite il y a l’action sur les points sensibles du corps qui oblige l’adversaire à suivre, à faire certains mouvements, sans le blesser... en principe. C’est-à-dire qu’il faut neutraliser l’adversaire sans le blesser grièvement. Du point de vue philosophique ce principe a une énorme valeur qui va bien au-delà du principe juridique de légitime défense. La légitime défense c’est le droit de tuer quelqu’un qui veut te tuer. Tandis que dans cette philosophie des arts martiaux authentiques si l’adversaire veut te tuer, tu ne le tues pas, tu le neutralises et c’est possible que tu t’en fasses un ami. C’est possible, évidemment.

CUJ- Y a-t-il une véritable philosophie derrière ce qui peut apparaître comme une simple méthode de self defense?

Me Surace- Oui, le Butokukai est un «do». En japonais «do» signifie une voie. C’est plus ou moins ce qu’en Occident indique le mot philosophie. Il existe plusieurs voies dans la philosophie orientale: la voie du yoga, la voie taoïste, la voie bouddhiste, chacune avec leurs différentes variétés... Et nous avons la voie martiale. Parce que l’humanité s’est rendue compte dès le début qu’il y a quelque chose qui la bloque, qui l’empêche de s’exprimer. On part du principe que la personnalité humaine vraie est tendancielle vers le bien. Alors l’humanité a cherché à élaborer des méthodes, des voies pour se libérer de ce qui la bloque, pour atteindre la lucidité mentale et donc la bonté. Hein, comme disait Socrate: «Qui est lucide est bon». En Orient la lucidité est indiquée avec des noms différents. Le «satori» on l’a traduit approximativement en Occident avec le mot illumination. En fait ce n’est pas l’illumination mais tout simplement la lucidité. Même les religions occidentales visent toujours à ça en réalité. Dans la religion catholique on parle de la grâce. C’est la même chose, c’est l’état de lucidité qu’on essaie d’atteindre par d’autres types de rituels: la confession, les exorcismes, les exercices spirituels. La voie martiale apporte vraiment quelque chose de plus car, dans une autre voie, même si tu arrives à joindre l’état de lucidité, tu deviens bon mais tu es à la merci de n’importe quel méchant. Alors la voie martiale est le moyen qui peut te permettre le luxe d’être bon et dans le même temps de ne pas t’exposer à être détruit. Tu vois le martyre chrétien, il était peut-être arrivé à la lucidité mais, bon, on lui a coupé la tête, on l’a martyrisé.

CUJ- Que peut apporter la pratique du Ju-Jitsu Butokukai?

Me Surace- Oui, en oubliant les samouraï, les Grecs, en oubliant tout le monde, quelle utilité peut avoir à présent la pratique de cet art martial? Depuis quatre ans que je fais ce cours, j’ai vu des transformations énormes parmi certains de mes élèves. Normalement le Ju-Jitsu Butokukai a des bienfaits extrêmement profonds. Alors tu vois des comportements différents, une efficacité nouvelle dans le travail, dans la vie de tous les jours. Les gens ne se transforment pas mais ils libèrent leur vraie personnalité. Ils sont pleins d’énergie, une énergie qui vient de l’intérieur et qui s’oppose même aux maladies. Il faut penser que les arts martiaux ont le but de prolonger la vie physique. Alors d’un côté, ils servent à déjouer les agressions, de l’autre à se renforcer contre les maladies. Nous sommes pleins de microbes et pourtant nous ne sommes pas malades normalement. La maladie éclate quand ces microbes arrivent à surmonter nos défenses. Alors ce renforcement de l’énergie interne prévient les maladies, et donc prolonge la vie.

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Morceaux choisis...

 

La réputation de notre ju-jitsu s’était tellement répandue que non seulement la presse spécialisée s’en occupait, mais la presse d’actualité aussi, de la plus diffusée à la plus modeste. J’en rappelle ici quelques extraits, repris de «La plume et la main vide».

En 1991, Mme Lisa Sliwa, directrice des «Guardian Angels» débarqua à Paris des Etats Unis avec le projet de créer des équipes de citoyens aptes à prévenir les agressions dans le métro. Cela fit du bruit, ses interviews à la télé et aux journaux ne se comptant plus. Elle me demanda d’enseigner à ses effectifs une technique de défense efficace et non violente. Le magazine franco-italien «Paese» écrivit à ce propos:

Lisa Sliwa... est venue à Paris pour y organiser ici aussi les «Anges gardiens», qui donnent un coup d’oeil surtout dans le RER et dans le métro, décourageant les agressions hélas si fréquentes. Eh bien, à qui a-t-elle demandé d’instruire ses «Anges» à la self defense? Aux nombreux maîtres japonais, chinois et français d’arts martiaux qui opèrent dans la capitale? Pas du tout: au maître italien Stefano Surace, avec sa célèbre méthode, le ju-jitsu Butokukai, si efficace mais non violent. Surace s’est montré intéressé et a promis de lui donner une réponse au plus tôt.

«Les Italiens», publication éditée par les associations italiennes en France:

L’historien des art martiaux Sylvain Salvini, ancien président de la fédération officielle de boxe française-savate... l’a qualifié de «meilleure école de ju-jitsu existant en France». Pierre-Yves Bénoliel, rédacteur en chef de la revue spécialisée «Karate-Bushido», affirme qu’on y pratique «le véritable Ju-jitsu» (ce qui est si rare...).

Pour faire face à une demande si croissante de nos disciplines, je dus ajouter à la fédération que j’avais créée (la FFJJBA) une structure spécifique pour la formation de cadres enseignants, le «World Butokukai Institute». La presse ne manqua pas de le souligner. «Karate-Bushido» citait régulièrement les activités...

organisées par le World Butokukai institute Europe, placé sous la présidence de Maître Stefano Surace, 10e dan menkyo kaiden.

Sous le titre «Où pratiquer?», ce magazine conseillait...

le Ju-Jitsu Butokukai, une discipline représentée en France par maître Stefano Surace, fondateur du Butokukai Institute Europe et de la Fédération française de Ju-Jitsu Butokukai et disciplines associées, FFJJBA.

Quotidien «La République du Centre». Titre «Le dernier professeur de Ju Jitsu enseigne son art":

Le ju-jitsu Butokukai est un art martial. Mais le but de ceux qui le pratiquent n’est ni de tuer, ni de blesser: c’est de neutraliser un adversaire avec son corps pour seule arme... Il ne s’agit pas d’employer la force, car on part du principe que l’adversaire est au moins quatre fois plus fort que nous. Au contraire, on utilise des éléments extérieurs - le poids, l’inertie - que ce soient les nôtres ou ceux de l’adversaire, pour le neutraliser.

«Cible 28», «Le Ju-Jitsu Butokukai: le «must» de la self défense»:

Le Ju-jitsu Butokukai est, sans aucun doute, un des meilleurs systèmes de self-défense qui ait jamais été conçu. Il permet de se défendre efficacement contre tout type d’agression, et peut être aisément pratiqué par tout le monde.

Quotidien «l’Echo Républicain», titre «Le retour aux sources»:

... Pour beaucoup d’adeptes occidentaux ces activités sportives se doublent d’un caractère philosophique certain. Ce qui explique le succès grandissant des stages qui permettent aux pratiquants de se ressourcer. C’est cet état d’esprit qui a poussé les 40 stagiaires du week-end dernier à rencontrer Stefano Surace.

On donnait aussi des renseignement historiques. Par exemple, «Cible 28»:

Le Butokukai était le conservatoire des Arts Martiaux japonais avant la guerre, et les meilleures écoles de ju-jitsu y étaient représentées. Une commission fut chargée d’établir une synthèse des meilleures techniques de chaque école. Cette synthèse, dite «méthode suprême», devint la méthode spécifique de ju-jitsu du Butokukai.

La méthode spécifique de ju-jitsu du Butokukai, particulièrement efficace et structurée, ne fut enseignée qu’à une certaine élite qui se refusa à en assurer la diffusion.

Ou encore le quotidien «L’Echo Républicain», sous le titre «Le retour aux sources»:

En Sicile, le père de Stefano Surace eut l’occasion d’héberger et de cacher deux experts du Butokukai, pendant un an. En remerciement, ces deux maîtres initièrent leur hôte au ju-jitsu, contre la promesse formelle de ne jamais l’enseigner, exception faite pour le jeune Stefano, alors enfant.



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